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Frimas

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Les grands champs labourés, las, se meurent de froid. J'ai l'âme qui frissonne alors que le ciel pleure. Une grande tristesse s'écoule sur mon cœur, Sous les nuages noirs, je sens bien que je ploie. Le vent n'est plus caresse ; il me gifle, me mord. Et glisse au fond de moi tel un glaçon de neige. Sur le lac engourdi les flocons font arpège, Tandis qu'à mes regrets s'ajoute le remord. Le brouillard dans les yeux obscurcit mon chemin, Ravin où je me perds entre les troncs fantômes. Des frissons sur ma peau, je connais ce symptôme, C'est mon corps qui  réclame et appelle le tien. Rien ne me glace autant que tes mots de silence, Tous ces sentiments tus parce que tu n'oses pas. Prudes et retenus, tes intimes frimas, N'étouffent pas en moi une folle espérance.

Octobre

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Revenu le temps des marrons, Des savoureuses soupes chaudes De gratins aux potimarons. Tartes sucrées de Reine-Claude. Revenus le froid dès l'aurore, Les frissons dans les courants d'air. Les vents se bousculent dehors Je m'emmitoufle de mohair. Revenue la chaleur de l'âtre Des bûches dans la cheminée Sur mes joues un éclat folâtre... Dans le ciel la lune est mouillée. Revenues les longues soirées Où bientôt tombera la neige ; Pendant ces nuits enrubannées De blanc, enfin mon coeur s'allège.

Minouche

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Au bord de ce chemin fleurant bon la noisette Je te laisse à loisir grapiller sur ma bouche. J'aime quand, doucement, tu m'appelles "Minouche" Nul autre mieux que toi ne sait conter fleurette. Je badine avec toi en faisant la coquette. Et tu as bien compris que rien ne m’effarouche Sur le tapis moussu près de toi je me couche Goûtant à tes baisers dont je fais la cueillette. Avec un air gourmand tu mates mes gambettes Tu fais glisser ma robe et jettes mes babouches, De mes seins aux genoux tu t'égares, me touches. Tes polissonneries rosissent mes pommettes. Tu ris à pleines dents, dévoilant la fossette Qui donne un charme fou au dessin de ta bouche. Te sentant désarmé, je tente une escarmouche Et plante dans ton coeur, d'Amour une fléchette.

Perdu

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J'ai franchi tant de ponts, j'ai gravi tant de murs ; J'ai regardé la lune échouer sur les plages ; J'ai longé des chemins, des sentiers pas très sûrs J'ai hanté des forêts, craint les bêtes sauvages. J'ai couru les déserts ignorant la brûlure D'un soleil accablant. Sur les dunes de feu J'apprivoisais le vent, hanté par ton murmure Par tes yeux,  ton visage et blasphémant ton  Dieu. J'ai grimpé des sommets,  la plus haute montagne, Me perdant dans la neige et la glace et le froid. Chaque jour, chaque pas pour trouver ma cocagne Moi, l'homme solitaire, un loup sans foi ni toi. Je me suis embourbé en des lieux improbables, J'ai sauté de parois où rodaillait la mort, J'ai couru les sierras, j'ai affronté les diables, Pour calmer mon courroux, je combattais le sort. Pour oublier ton corps, j'ai consumé le mien. J'ai fracassé mon coeur, j'ai fourvoyé mon âme. Mon ventre t'appelait, se nourrisant de rie...

Sensation

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Ce regard doux de vous, Promesse de bisous, Sensation enivrante... Un baiser, deux ou trois Sur le bout de mes doigts Votre bouche m'enchante... Donnez moi votre main, Posez la sur mon sein, Sentez, je suis brûlante... Je vous offre mon coeur Mon souffle, ma sueur, Oui, je suis consentante...

je choisis

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Je choisis d'être à vous, Votre  amie et amante De vous offrir le doux A chaque aube naissante. Je choisis votre cœur Pour lit de ma tendresse Où nos âmes en chœur Jouiront d'allégresse. Je choisis votre bouche Pour glaner des baisers En becquées d'oiseau-mouche, Et vous apprivoiser. Je choisis votre main Pour ôter mes dentelles Pour partager mon bain Odorant de canelle.

Au bal des lucioles.

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Je partirai, un jour, quelque part, n'importe où Pour oublier les bruits et la folie du monde. Je n'aurai plus de clé, ni porte, ni verrou Mes pas seront légers, mon humeur vagabonde. Sur un tapis mousseux je déplierai ma couche Mon toit sera la nuit et la voûte des cieux. Les étoiles pourront se mirer sur ma bouche Je volerai la lune en me hissant vers Dieu Je verrai, je le sais, même les paupières closes Les chemins de verveine où je m'égarerai ; Les sentiers perlés d'ombre, les pelouses de roses, Les grands champs de blés murs. où je me cacherai. J'apprendrai le silence ourlé de chants d'oiseaux. Et dans le vent du soir, telles les herbes folles Qui s'unissent,  s’enlacent avec les  roseaux Je m'en irai danser au bal des lucioles.