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La Duchesse et le Marquis

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Vous voilà, cher Marquis ! Vous avez de l'audace ! J'ai reçu ce matin votre grivois billet Que vous avez confié au révérend Ignace Ami de mon mari, son confesseur privé. Mes hommages, Duchesse ! il est doux de vous voir. Je voulais annoncer ma prochaine visite Par ce tout petit mot et vous faire savoir Qu'à mon cœur vous passez pour être favorite. Aucunement, Marquis, cela ne m’intéresse Le Duc mon époux, me suffit amplement Laissez moi donc aller car je file à confesse Cessez de m'ennuyer avec vos boniments. Mais non, jolie Duchesse, il n'y a plus charmant Que vos seins triomphants et ronds comme la lune, Vos épaules satin, en teinte de lait blanc Et vos fesses dodues, bombées comme une dune. Marquis vous me lassez de toutes vos sottises Dieu que vous êtes lourd ; vous n'êtes qu'un gandin. Vous devriez aller plus souvent à l'église Pour chanter la messe et le credo en latin  Retardée, la duchesse emprunta le chemin Qui menait jusqu...

Il était une fois

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Il était une fois la plus rose des roses Princesse du jardin et reine de beauté Elle tomba d' amour,  ô délicate chose Vous ne me croirez pas, d'un très vieux jardinier. Entre l'homme et la fleur éclosit une idylle Une histoire qu'on tait, drapée comme un secret ; Un conte, une chanson douce qu'on sait fragile Improbable roman  qui demeura discret. Il passait pour la voir dès le lever du jour. Tel un roi, il faisait d'elle sa favorite Qu'il venait adorer, comme un geste d'amour. Elle était son joyau, sa fiancée insolite. Au pied de son rosier, il versait de l'eau fraîche Aucune des épines  le piquait jamais Les corolles carmin, sur ses pauvres mains rêches Déposaient un parfum grisant qui le charmait. Le vieil homme mourut, en terre fut porté. La rose dépérit en confiant ses pétales Aux ailes de tous vents pour aller déposer Un manteau de velours sur la pierre tombale.

La Natte en Bambou

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Comme j'étais fébrile, assise près de vous, Face au grand océan, sous la mauve glycine. Déjà je me perdais dans vos yeux opaline Sentant au fond de moi un délicieux remous La lumière baissait tandis que l'air si doux Parfumait tendrement votre bouche mutine D'embruns rafraîchissants et d'essence marine ; Votre main libertine effleura mes genoux. La lune s'amusait sur ma  peau ivoirine ; La douleur d'un fado s'égrenait en sourdine. Votre main m'attira vers la natte en bambou M'invitant lentement sur la peau zibeline. J'ai adoré l'instant, où, penché sur mon cou Vous avez murmuré "venez douce coquine".

Mon Escale

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J'effiloche mon temps aux nuages qui passent, J'aime ces douces heures. Sous l'auvent de mon âme, une pluie qui me lasse, L'été est un tricheur. Je laisse fuir mon rêve au dos d'un bel oiseau En plumes rouge-rose. Le vent de nulle part chahute les roseaux, Je laisse aller les choses. Je savoure silence et l’absence de toi, Je n'ai besoin de rien. Pâturage en mon coeur, berceau de mon émoi, Un ange pour gardien. Ma raison se repose au bord de mon sourire Je suis juste à ma place. Au plus profond de moi, je découvre un empire, De toi il n'y a trace. Allégée des tourments j'ai trouvé mon escale, Césure dans ma vie. J'ai oublié ton nom. Sur mon lit de pétales Enfin tout me sourit.

Un petit chemin

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C'est un petit chemin tout brodé de genêts Au milieu des prairies et des vaches tranquilles Broutant paisiblement l'herbe et les graminées Bien loin du brouhaha, des rumeurs de la ville. C'est un petit chemin où j'embrasse l'été Mon esprit s'y apaise, mes heures s'éternisent Dans le doux matin d'or, je suis hors de portée Du bruit assourdissant des longues routes grises. C'est un petit chemin au front de la montagne Que l'on atteint avec beaucoup d' humilité Ici, pas de perdant, pas de premier qui gagne On laisse à ceux d'en-bas toute cupidité. C'est un petit chemin qui flirte avec le ciel Sur la pointe des pieds, je touche les nuages Les vents, maîtres de lieux, saupoudrent de leurs ailes Tous les parfums cueillis au dessus des alpages. Sur ce petit chemin erre ma solitude L'horizon, sur le monde dessine un pourpre ourlet J'ouvre mon coeur à Dieu, et avec gratitude Je savoure ma vie et ses mille bienfai...

La voie du Milieu

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Réinventer ma vie et devenir une autre... Me délester ainsi du tourment qui m'encombre, Ne pas me retourner, franchir les zones d'ombre, M'évader du néant dans lequel je me vautre... Découvrir le layon sur lequel je m'engage Sublimé par les chauds rayons d'or du soleil Choisir mon avenir, fuir cet état de veille Apprivoiser la paix au cours de ce voyage. Avancer par devant, sur la voie du milieu Pour y trouver la clé, le parfait équilibre Harmoniser ma vie et agir de mon mieux Pour l'amour de chacun et me sachant plus libre. Sentir au fond de moi cette métamorphose, Lâcher les faux semblants, provoquer le destin Allègrement aller jusqu'au bout du chemin, Cultiver dans mon cœur la tendresse des choses.

Près du vieux cimetière

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Près du vieux cimetière Aux tombes oubliées L'abbaye séculaire Jaillit dans l'air muet. Le soleil, sur les pierres Fait des ombres d'été Et les branches de lierre Etendent leurs filets. La saison insolente Ecrase de chaleur La chapelle gisante Tombeau d'humbles douleurs La cloche silencieuse Figée, ne sonne plus. Dans la vallée pieuse On pleure l''angélus. Dans ce vert ermitage Mystérieux et secret Perle le babillage D'un ruisseau argenté. Les herbes du chemin Encore lourdes d'aurore Festonnent le jardin Où le banc de bois dort. Le pas des pèlerins Leur foi et leurs prières Ont fait de cet écrin, Un temple de lumière.