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Ta lettre

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Reflets sur le chevet placé sous la fenêtre, La lune m'éblouit. J'y ai posé ta lettre. L'heure devient pourpre, au bon gré de l'horloge, Et chante  doucement le temps qui se proroge. L'attente et le silence  infusent dans mon cœur. Je me laisse imprégner d'une douce langueur Sur mon sofa soyeux . Danse mélancolie,  Tu vois, je te reçois comme une tendre amie Le soir commence à peine et pousse le vermeil De l'astre incandescent. Je cherche le sommeil Mais je sens déjà que ma nuit sera nuit blanche Ton souvenir s’éteint comme un triste dimanche. Sont-ce tes mots d'amour cachés dans l'enveloppe? Est-ce le chant d'Ulysse appelant Pénélope ? Reflets d'un jour nouveau à travers la fenêtre, Le matin m'éblouit. J'ai déchiré ta lettre.

Sans toi

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 Je t'écris Mon Amour quelques mots pour te dire Que tu manques à ma Vie, que tu manques à mon corps. Chaque jour je te cherche et je pleure et soupire. De visiter mon rêve, à la nuit je t'implore. Je me souviens Chérie de ton si beau visage De ta bouche si tendre à mes joyeux baisers J'aimais tant nos matins, quand tu prenais ombrage Lorsque mes mains, mes doigts déjà te réclamaient. J'ai gardé en mon cœur la douce souvenance De nos hivers douillets, nos étés de ciel bleu Saisons emplies de nos amoureuses dormances Où nous vivions d'amour et cachés des envieux Tout dans la chambre nue et bleue porte ta trace Ton foulard oublié juste avant de partir Mille photos de toi, comme des dédicaces Ce plaid abandonné qui aime m'engloutir. Je suis tout plein de toi, de notre amour immense De tant de souvenirs, de mers et de bateaux De tes larmes de joie ou de chagrin intense De tes ravissements devant chaque gâteau ! J'ai aimé ces années à vivre auprès de toi Et à nou...

Automne

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L'été se meurt ; Revient l'automne Chaussé de rouge et vêtu d'or. Une saison nous abandonne Chassée par l'autre sans remord. Les récoltes sont aux greniers Et bien au loin les hirondelles. Les raisins au fond des paniers Seront tantôt mis en bouteilles. Un bûcheron coupe du bois Qu'il empile sous la fenêtre. Bientôt les matins seront froids Sous les portes le vent pénètre. Le brouillard baigne la vallée La noyant de sa pâle empreinte. Quand viendra la blanche gelée De la terre viendra la plainte. Le berger rentre ses troupeaux Les chiens jouent dans les  chènevières Le ciel est bas sur les hameaux. L'air fume au dessus des rivières

La Duchesse et le Marquis

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Vous voilà, cher Marquis ! Vous avez de l'audace ! J'ai reçu ce matin votre grivois billet Que vous avez confié au révérend Ignace Ami de mon mari, son confesseur privé. Mes hommages, Duchesse ! il est doux de vous voir. Je voulais annoncer ma prochaine visite Par ce tout petit mot et vous faire savoir Qu'à mon cœur vous passez pour être favorite. Aucunement, Marquis, cela ne m’intéresse Le Duc mon époux, me suffit amplement Laissez moi donc aller car je file à confesse Cessez de m'ennuyer avec vos boniments. Mais non, jolie Duchesse, il n'y a plus charmant Que vos seins triomphants et ronds comme la lune, Vos épaules satin, en teinte de lait blanc Et vos fesses dodues, bombées comme une dune. Marquis vous me lassez de toutes vos sottises Dieu que vous êtes lourd ; vous n'êtes qu'un gandin. Vous devriez aller plus souvent à l'église Pour chanter la messe et le credo en latin  Retardée, la duchesse emprunta le chemin Qui menait jusqu...

Il était une fois

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Il était une fois la plus rose des roses Princesse du jardin et reine de beauté Elle tomba d' amour,  ô délicate chose Vous ne me croirez pas, d'un très vieux jardinier. Entre l'homme et la fleur éclosit une idylle Une histoire qu'on tait, drapée comme un secret ; Un conte, une chanson douce qu'on sait fragile Improbable roman  qui demeura discret. Il passait pour la voir dès le lever du jour. Tel un roi, il faisait d'elle sa favorite Qu'il venait adorer, comme un geste d'amour. Elle était son joyau, sa fiancée insolite. Au pied de son rosier, il versait de l'eau fraîche Aucune des épines  le piquait jamais Les corolles carmin, sur ses pauvres mains rêches Déposaient un parfum grisant qui le charmait. Le vieil homme mourut, en terre fut porté. La rose dépérit en confiant ses pétales Aux ailes de tous vents pour aller déposer Un manteau de velours sur la pierre tombale.

La Natte en Bambou

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Comme j'étais fébrile, assise près de vous, Face au grand océan, sous la mauve glycine. Déjà je me perdais dans vos yeux opaline Sentant au fond de moi un délicieux remous La lumière baissait tandis que l'air si doux Parfumait tendrement votre bouche mutine D'embruns rafraîchissants et d'essence marine ; Votre main libertine effleura mes genoux. La lune s'amusait sur ma  peau ivoirine ; La douleur d'un fado s'égrenait en sourdine. Votre main m'attira vers la natte en bambou M'invitant lentement sur la peau zibeline. J'ai adoré l'instant, où, penché sur mon cou Vous avez murmuré "venez douce coquine".

Mon Escale

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J'effiloche mon temps aux nuages qui passent, J'aime ces douces heures. Sous l'auvent de mon âme, une pluie qui me lasse, L'été est un tricheur. Je laisse fuir mon rêve au dos d'un bel oiseau En plumes rouge-rose. Le vent de nulle part chahute les roseaux, Je laisse aller les choses. Je savoure silence et l’absence de toi, Je n'ai besoin de rien. Pâturage en mon coeur, berceau de mon émoi, Un ange pour gardien. Ma raison se repose au bord de mon sourire Je suis juste à ma place. Au plus profond de moi, je découvre un empire, De toi il n'y a trace. Allégée des tourments j'ai trouvé mon escale, Césure dans ma vie. J'ai oublié ton nom. Sur mon lit de pétales Enfin tout me sourit.