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Instant Crépusculaire

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Je guette avec bonheur l'instant crépusculaire Quand les gris et les bleus confondent l'horizon. L'épuisement du jour a tout pour me complaire Et m'invite à glisser de mon lit au gazon Dans la tiédeur du soir absorbant le silence Je trouve le repos. Pendant que tout s'endort Je m'apaise aussitôt. Dans cette somnolence Je rêve de baisers, de ouate sur mon corps. Les bruits de l'univers me parviennent à peine.. Étouffés par la nuit noire comme un manteau. Je sens tout près de moi un parfum de verveine Et fais de cette ivraie un nocturne berceau. A même l'herbe douce et sous  milles étoiles Je goûte avec délice cet étourdissement. La lune de coton a étiré sa toile Je laisse le sommeil m'emporter doucement.

Ivresse

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Qu'importe la saison pourvu qu'on ait l'ivresse, Que vous m'aimiez l'hiver ou sur le sable blanc, Lorsque vous dégustez mon corps sur le divan Apaisant votre soif, mettant mon âme en liesse. Nos langues communient en bulles de délice Pétillant sur  nos peaux en vendanges d'amour. Au grand clair de vos yeux je bois jour après jour Et m'enivre de vous à votre cœur calice. J'aime tant, contre vous, les instants de paresse, Après ceux de plaisir ; Griserie de baisers A la lune rosée sur nos corps apaisés, A la coupe des reins, en lapements tendresse.

Caliente

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Ferme la jalousie. Viens voler doucement Sur ma langue rosie De doux baisers safran... Viens goûter à ma bouche Et picorer ma peau. Je te veux oiseau-mouche Ventre doux de moineau... Des perles de sueur Fleurissent sur ma soie Où palpite mon cœur Fou amoureux de toi... Ferme la jalousie Caliente dans la chambre Mon corps chaud balbutie Impatient de t'attendre.

Ta lettre

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Reflets sur le chevet placé sous la fenêtre, La lune m'éblouit. J'y ai posé ta lettre. L'heure devient pourpre, au bon gré de l'horloge, Et chante  doucement le temps qui se proroge. L'attente et le silence  infusent dans mon cœur. Je me laisse imprégner d'une douce langueur Sur mon sofa soyeux . Danse mélancolie,  Tu vois, je te reçois comme une tendre amie Le soir commence à peine et pousse le vermeil De l'astre incandescent. Je cherche le sommeil Mais je sens déjà que ma nuit sera nuit blanche Ton souvenir s’éteint comme un triste dimanche. Sont-ce tes mots d'amour cachés dans l'enveloppe? Est-ce le chant d'Ulysse appelant Pénélope ? Reflets d'un jour nouveau à travers la fenêtre, Le matin m'éblouit. J'ai déchiré ta lettre.

Sans toi

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 Je t'écris Mon Amour quelques mots pour te dire Que tu manques à ma Vie, que tu manques à mon corps. Chaque jour je te cherche et je pleure et soupire. De visiter mon rêve, à la nuit je t'implore. Je me souviens Chérie de ton si beau visage De ta bouche si tendre à mes joyeux baisers J'aimais tant nos matins, quand tu prenais ombrage Lorsque mes mains, mes doigts déjà te réclamaient. J'ai gardé en mon cœur la douce souvenance De nos hivers douillets, nos étés de ciel bleu Saisons emplies de nos amoureuses dormances Où nous vivions d'amour et cachés des envieux Tout dans la chambre nue et bleue porte ta trace Ton foulard oublié juste avant de partir Mille photos de toi, comme des dédicaces Ce plaid abandonné qui aime m'engloutir. Je suis tout plein de toi, de notre amour immense De tant de souvenirs, de mers et de bateaux De tes larmes de joie ou de chagrin intense De tes ravissements devant chaque gâteau ! J'ai aimé ces années à vivre auprès de toi Et à nou...

Automne

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L'été se meurt ; Revient l'automne Chaussé de rouge et vêtu d'or. Une saison nous abandonne Chassée par l'autre sans remord. Les récoltes sont aux greniers Et bien au loin les hirondelles. Les raisins au fond des paniers Seront tantôt mis en bouteilles. Un bûcheron coupe du bois Qu'il empile sous la fenêtre. Bientôt les matins seront froids Sous les portes le vent pénètre. Le brouillard baigne la vallée La noyant de sa pâle empreinte. Quand viendra la blanche gelée De la terre viendra la plainte. Le berger rentre ses troupeaux Les chiens jouent dans les  chènevières Le ciel est bas sur les hameaux. L'air fume au dessus des rivières

La Duchesse et le Marquis

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Vous voilà, cher Marquis ! Vous avez de l'audace ! J'ai reçu ce matin votre grivois billet Que vous avez confié au révérend Ignace Ami de mon mari, son confesseur privé. Mes hommages, Duchesse ! il est doux de vous voir. Je voulais annoncer ma prochaine visite Par ce tout petit mot et vous faire savoir Qu'à mon cœur vous passez pour être favorite. Aucunement, Marquis, cela ne m’intéresse Le Duc mon époux, me suffit amplement Laissez moi donc aller car je file à confesse Cessez de m'ennuyer avec vos boniments. Mais non, jolie Duchesse, il n'y a plus charmant Que vos seins triomphants et ronds comme la lune, Vos épaules satin, en teinte de lait blanc Et vos fesses dodues, bombées comme une dune. Marquis vous me lassez de toutes vos sottises Dieu que vous êtes lourd ; vous n'êtes qu'un gandin. Vous devriez aller plus souvent à l'église Pour chanter la messe et le credo en latin  Retardée, la duchesse emprunta le chemin Qui menait jusqu...